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07/03/2019

Exprimer l’infini – Streetart par Ender, Paris

La porte s’ouvrit et l’assistante du médecin se présenta à l’entrée de la salle d’attente. Elle regarda le monsieur qui répondit à l’appel de son nom et l’invita à la suivre pour commencer ses examens. Celui-ci se leva et disparut de l’autre côté de la porte qui se referma doucement. Son fils qui l’accompagnait sortit un livre de prières et commença de le lire en silence pour le bon déroulement de ces examens que toute la famille redoutait.

Assise de l’autre côté de la salle d’attente, une jeune femme se tenait la tête entre les mains, inquiète, nerveuse. Elle se balançait machinalement d’avant en arrière sur son siège et essuyait régulièrement une larme qui s’échappait le long de ses joues. De temps à autres, elle jetait un coup d’œil sur le jeune homme en face d’elle, concentré sur ses incantations, et enviait sa sérénité.

Après quelques minutes, il referma son livre et la vit, apeurée et anxieuse. Il lui demanda calmement ce qu’elle faisait dans la vie. Par un réflexe étrange de son déboussolement, elle lui répondit qu’elle n’était pas croyante. Un silence gêné la fit rougir. Embarrassée de se rendre compte que sa réponse ne correspondait pas tout à fait à la question posée, elle inspira profondément et lui dit qu’elle était pianiste.

Les yeux brillants d’admiration, il lui demanda encore ce qui la fascinait dans la musique. Sonnée par la simplicité et l’innocence de la question, la peur laissa la place à la perplexité et elle médita un instant sa réponse. « Je crois, lui dit-elle avec un début de sourire timide, que ce que je trouve de plus fou dans la musique, c’est qu’avec un nombre limité de notes, il est possible d’exprimer l’infini. »


Street art par Ender, pièce de sa magnifique série « fragile » à admirer dans sa galerie Instagram, mais surtout dans les rues de Paris. En complément de cette courte histoire, je vous recommande chaudement de lire l’interview long format de l’artiste par le très bon QG des Artistes !

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