Le bougon – Street art de Borondo, Rome

Tout le quartier l’appelait le Bougon. Le Bougon, il connaissait tout le monde et il parlait à personne. Les mômes s’écartaient quand ils le croisaient dans la rue. Toutes les folies et toutes les perversions, il les avait, c’est sûr… aussi sûr que la rumeur.

Faut dire qu’il avait la gueule de l’emploi. Une gueule gravée au burin, plutôt qu’amenée au monde avec amour. Le regard sombre, insondable. Ses lèvres rigides, serrées. À le regarder, on se demandait dans quel chaudron il avait été préparé celui-là.

Mais tout ça, lui le Bougon, il s’en fichait. Chaque jour, il sortait faire des courses. Chaque jour il sentait la moquerie sur lui à pleines oreilles. Chaque jour il passait son chemin. Chaque nuit, la gueule adoucie par l’obscurité, il frappait à l’appartement voisin et à chaque fois la vieille voix chevrotante l’accueillait ainsi : “Bonsoir, mon Ami, entre, entre ! Quels délices as-tu préparé pour moi ce soir ?”


Street art par Borondo

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