{"id":3198,"date":"2019-08-25T15:10:07","date_gmt":"2019-08-25T15:10:07","guid":{"rendered":"https:\/\/lavoixdelarturbain.com\/?p=3198"},"modified":"2019-08-25T15:10:08","modified_gmt":"2019-08-25T15:10:08","slug":"streetart-paris-arbre-craie-boisement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lavoixdelarturbain.com\/2019\/08\/25\/streetart-paris-arbre-craie-boisement\/","title":{"rendered":"L’Arche Verte – Streetart \u00e0 Paris"},"content":{"rendered":"

La coque monumentale s’avan\u00e7ait sur l’eau paisible. Ses parois transparentes s’\u00e9levaient dans une courbure l\u00e9g\u00e8re d’une centaine de m\u00e8tres vers le ciel. Sa forme ronde dessinait \u00e0 la surface de l’oc\u00e9an un cercle, dont les dimensions \u00e9taient celles d’une ville de quelques milliers d’habitants.<\/p>

Ce navire gigantesque se nourrissait goul\u00fbment des d\u00e9bris qui formaient un continent de d\u00e9tritus dans le Grand Oc\u00e9an. Chaque morceau de plastique rencontr\u00e9 se trouvait attir\u00e9 par son armature et renfor\u00e7ait un \u00e0 un sa structure.
Sa partie immerg\u00e9e comportait une surcouche poreuse, retenant dans l’espace qui la s\u00e9parait de la coque un ferrofluide, soumis \u00e0 un champ magn\u00e9tique puissant attach\u00e9 \u00e0 celle-ci. Le plastique se trouvait ainsi canalis\u00e9 vers la paroi, sur laquelle prosp\u00e9rait une population d’algues synth\u00e9tiques, produit de l’ing\u00e9nierie biologique, qui se chargeait d’incorporer la nouvelle mati\u00e8re au bateau, vivres contre l’\u00e9rosion provoqu\u00e9e par les flots sal\u00e9s.<\/p>

Au-dessus, de l’autre c\u00f4t\u00e9 de la paroi organiquement renouvel\u00e9e en permanence, des couches de terre s’entassaient depuis le fond de la coque jusqu’\u00e0 la ligne de flottaison. Cette terre fertile, contenue dans le semi-globe bravant l’oc\u00e9an, accueillait une for\u00eat dense. Les arbres y croissaient et s’y multipliaient selon leur bon plaisir. Leurs branches r\u00e9sonnaient du gazouillis vari\u00e9 des oiseaux et du bourdonnement des insectes, leur tronc abritait rapaces et rongeurs, leurs racines profond\u00e9ment ancr\u00e9es symbiosaient avec la vie invisible des microbes.<\/p>

L’arche verte, objet vuln\u00e9rable captif des vagues, voguait vaillamment, porteuse d’un monde isol\u00e9, inconscient qu’\u00e0 sa porte la vaste Terre l’observait avec espoir.\n\n<\/p>


Street art par Artiste inconnu \/\/ Une pens\u00e9e pour l’actualit\u00e9 des terribles incendies qui ravagent la for\u00eat amazonienne<\/a>. Triste rappel que les donn\u00e9es \u00e9cologiques et leurs enjeux civilisationnels \u00e9chappent \u00e0 notre compr\u00e9hension du monde qui nous abrite, et par cons\u00e9quent \u00e0 notre fa\u00e7on d’envisager l’avenir en son sein. <\/p>

Boisement en mer<\/h2>

Il y a quelques temps, avec un coll\u00e8gue, nous nous \u00e9tions mis \u00e0 imaginer, au cours d’un d\u00e9jeuner, un moyen de r\u00e9pondre \u00e0 la fois \u00e0 la pollution des oc\u00e9ans et au changement climatique. Nous cherchions d’une part \u00e0 exploiter \u00e9conomiquement les continents de plastiques qui polluent nos oc\u00e9ans et, d’autre part, \u00e0 trouver un moyen de permettre, par un boisement, un bilan carbone positif. De cet \u00e9change \u00e9tait n\u00e9 l’id\u00e9e d’un pot de fleurs g\u00e9ant, flottant dans les oc\u00e9ans, et capable d’agr\u00e9ger le plastique et de l’incorporer dans sa structure. Naturellement (!), il s’agit d’un prototype, qui, une fois ses preuves faites, ouvrirait la voie \u00e0 une vaste op\u00e9ration de forestation des oc\u00e9ans (cela va sans dire !). Projet inspir\u00e9 notamment par des id\u00e9es aussi g\u00e9niales que celle d’\u00eeles artificielles faites de bouteilles en plastique :<\/p>

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